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Une autre sorte d'aqueduc : le mur-canal
Par Roger PICCO
L’eau a été tellement précieuse dans l’histoire des pays méditerranéens qu’il ne pouvait être question de la gaspiller ou de la perdre d’une quelconque façon.
 
Et pourtant, dans le pays vençois, des hommes ont construit autrefois un mur la drainant jusqu’à une faille où le précieux liquide disparaissait dans un gouffre sans fond… 


Dans ce désert de calcaire karstique, un mur isolé
[Cliquez sur la photo pour l'agrandir]

A l’extrémité ouest du plateau de Saint Barnabé, on peut observer un curieux mur à mi-pente de la combe de Suy, l’un des bassins versants d’alimentation des eaux s’écoulant dans les gorges du Loup. Ce n’est pas un mur de restanque pour soutenir des terres. Ce n’est pas non plus un mur délimitant deux territoires.
Cet endroit est l’exemple même du relief karstique, avec la présence de nombreuses failles dans lesquelles les précipitations s’engouffrent pour rejoindre des réseaux souterrains.


Un endroit très fréquenté autrefois

Ce lieu est historiquement intéressant. Le vieux village médiéval de Courmes, caché sur un promontoire boisé un peu au dessus du nouveau village, est tout près. La colline située juste en face du mur abrite une enceinte de l’âge du fer.
Une meule antique en grés, utilisée en réemploi, a été trouvée dans la ferme en ruine située dans le vallon, en contrebas.


Le mur canal fait barrage à un petit vallon naturel

Le mur a une orientation est-ouest. Sa longueur est d’environ 100 mètres, sa largeur de 80 cm, sa hauteur d’un mètre 20.
Il présente une pente d’environ 10%. A double parement, il est fait de grosses pierres calcaires. Sa partie arrière n’a pas la moindre fonction de soutènement.
A son point haut, il obstrue complètement un petit vallon prenant naissance sur le plateau de Saint Barnabé.


Un mur étanche

Une portion du mur, qui s’est écroulée, permet de constater que la partie centrale est constituée d’un remplissage de terre argileuse.
Le noyau central formait une barrière étanche que les eaux de ruissellement ne pouvaient traverser. Ces eaux étaient forcées de suivre la pente du mur.
L’examen de cet ouvrage amène à la conclusion que le mur avait été construit pour servir exclusivement à canaliser les eaux. Un mur-canal en quelque sorte…


L’entrée de l’eau au pied
du mur

Le pignon terminal du mur est construit juste à l’aplomb d’une faille naturelle.

Les eaux de ruissellement consécutives aux intempéries, mais aussi en hiver les eaux provenant de la fonte de la neige amassée derrière le mur sont drainées vers cette faille. Elles y disparaissent pour rejoindre les réseaux souterrains naturels du relief karstique.


En contrebas du mur-canal,
la végétation est dense

La récupération de l’eau, après son périple souterrain de plusieurs centaines de mètres s’effectuait certainement dans un bassin naturel ou construit, qui n’a pu être retrouvé.

Depuis des temps très anciens, l’homme a vécu en cet endroit favorable au développement de la vie pastorale et, grâce à son ingéniosité, a su récupérer l’eau en utilisant les réseaux souterrains. Le mur canal est un exemple d’aqueduc rudimentaire, mais néanmoins très efficace…..mais quand et par qui a-t-il été construit ?

 

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