A R C H E O L O G I E   L I G U R E   E T   R O M A I N E  E N
P A Y S   D E   V E N C E
LES SITES
le mur-canal
LA VOIE ROMAINE DU COL DE VENCE
La Tombe du Chef de Tribu
La cuve perchée de l'Autreville
PETITES CURIOSITES
ARCHEOLOGIQUES
L'as de Claude
Les glacieres de coursegoules
Le poids du tisserand
La pierre gravée de Coursegoules
 
L'as de Claude
Par Paul CLEMENT

Cette pièce de monnaie, mise au jour de façon fortuite en 2007 dans les environs de Vence, est un as à l’effigie de l’empereur romain Claude 1er. Il a été frappé dans la première moitié du 1er siècle après J-C.

L’as de sesterce est une grosse pièce de bronze, pesant 1/12ème de livre romaine soit environ 27 grammes. Il en fallait quatre pour obtenir l’unité monétaire de référence de l’époque, le sesterce.

La monnaie, en dehors de sa valeur d’échange, était autrefois très utile pour communiquer au peuple des informations, en particulier pour le renseigner sur l’empereur du moment et sur son profil. Mais elle permettait aussi de faire passer un message politique : l’allégorie d’une vertu, associée à un nom d’empereur, et le tour était joué : l’empereur devenait le symbole de cette vertu.

Sur le revers de la pièce, la vertu représentée est la « constance », Constantiae, qui ressemble étrangement à l’Athéna grecque, tenant une longue lance (la haste). Le casque qu’elle porte sur la tête est peu visible. De même que n’apparaît plus l’inscription « CONSTANTIAE AVGVSTI »

Les lettres S. C. , quant à elles parfaitement visibles, signifient Senatus Consulto, pour rappeler que l'émission des monnaies en bronze était faite sous le contrôle du sénat romain.

Sur l’avers, autour de la tête de Claude, l’inscription suivante est gravée :
« CLAVDIVS CAESAR AVG P » La suite de l’inscription « M TRIT P IMP » n’est pas lisible.
L’inscription complète signifie : « Claudius Caesar Augustus Pontifex Maximus Tribuanitia Potestas Imperator ».

Associer la vertu de la constance à un empereur changeant, versatile et fantasque tel que Claude n’était pas étonnant pour l’époque, qui n’était pas à une contradiction près.

Claude est né à Lugdunum (Lyon) en l’an 10 avant Jésus-Christ, dans une famille noble romaine qui fit l’objet, comme c’était courant à l’époque, d’une épuration quasi totale de la part des prétendants au rôle d’empereur. Le petit Claude échappa au massacre car il était affecté d’un certain nombre d’infirmités : il boitait et était affligé d’un bégaiement et de tics nerveux .
Ces handicaps pouvaient laisser croire qu’il ne représentait aucun danger. Mais son intelligence était intacte, et sans doute même exceptionnelle. Il grandît, devint adulte et arriva à l’âge mûr, protégé par ses faiblesses physiques.

Seul homme restant de sa famille julio-claudienne dont étaient déjà issus les trois empereurs précédents, il assista, caché derrière un rideau, à l’assassinat de Caligula. Découvert tremblant de peur par les meurtriers, des officiers romains, il fut – dit on - proclamé sur le champ empereur, à 51 ans. Un âge déjà avancé à l’époque, mais Claude révéla à partir de ce moment ses capacités : de légiste et d’humaniste, en améliorant le sort des femmes au foyer, en faisant reconnaître comme homicide le meurtre des esclaves, en abolissant les cruelles pratiques druidiques des gaulois, de constructeur en faisant construire les grandes jetées du port d’Ostie, le pont du Gard (c’est lui), mais aussi de grand soldat, en conquérant la Grande Bretagne.

Par contre, il eut moins de succès avec ses épouses successives, qui le trompèrent outrageusement.

L’avant dernière, Messaline, laissa un chaud souvenir dans l’histoire, en consommant avec une soif inextinguible, légionnaires, gladiateurs, esclaves musclés, jusqu’à ce qu’un glaive, de métal celui là, ne la transperce sur ordre de son mari. Il avait été bien indulgent jusqu’alors, mais elle avait eu l’audace de se marier avec son dernier amoureux, Silius, devenant ainsi bigame, au vu et au su de tous. C’en était trop pour le vieil homme.

Premier empereur né hors d’Italie, il mourût en 54 après J-C, à 64 ans, empoisonné par des champignons glissés à son insu dans son dernier repas à l’instigation de sa dernière et charmante épouse, Agrippine, qui était aussi sa nièce, et dont il avait adopté le fils Néron..

C’est ainsi qu’à partir d’un morceau de métal surgi incidemment de terre, on peut remonter l’histoire et se dire que le passé peut devenir étrangement présent si l’on veut bien s’y intéresser.

 

Courrier

  [Haut]  
 

 

webmaster@archeo-vence-grasse.com